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AIT TOUFAOUT

 

à 120 Km au Sud d'Agadir en direction de Tafraout se trouve  La commune de sidi m’Zal

 

 

   L'Anti-Atlas est à plusieurs égards particuliers : il l'est par son cadre enchanteur, sa structure physique, il l'est encore plus par son contenu humain.

   L'Anti-Atlas apparaît souvent comme une barrière érigée face au désert. Cette doyenne des montagnes marocaines est façonnée essentiellement dans un matériau ancien, formé de gré, schistes et quartzites, que le temps a profondément érodé. Les sommets sont donc très souvent arrondis et les altitudes dépassent rarement les 2500 mètres. Le flanc nord Jebel Lekst qui domine les villages de sidi m’Zal et Tizi ntarkatine.

   Atteint 2359 m. Sur de grandes étendues, la roche affleure à nu ou est recouverte par un sol squelettique.

   Malgré ses altitudes, l’Anti-Atlas ne bénéficie que de faibles quantités de précipitations. Ces conditions climatiques s'ajoutent aux difficultés du relief pour faire de cette montagne un milieu de vie d'une grande rudesse. C'est donc au prix d'un labeur sans commune mesure avec ce qui est produit que les populations s'agrippent encore à leur terroir. En dehors de quelques petites oasis où l'eau de Dieu et le travail acharné des hommes produisent des miracles, ailleurs c'est le règne du dénuement. Certes, l'arganier et l’amandier sont présents, mais même ce don du ciel recule devant les sécheresses répétées et l'action de l'homme, le figuier de barbarie constitue les principales tâches vertes qui égayent le sol.

   Il n'est donc pas étonnant que l'Anti-Atlas constitue l'une des régions les plus touchées par l'exode et l'émigration. Très tôt, le déséquilibre population/ressources a contraint ces montagnards sédentaires à partir pour que la montagne continue de vivre. C'est en effet dans la plupart des cas une émigration qui garde de profondes attaches avec le lieu d'origine. Elle est généralement masculine. Dans plusieurs villages, la population féminine et les enfants sont les plus «visibles". L'apport de cet exode ressort de plus en plus dans la topographie des villages. De grandes bâtisses neuves, imposantes par leur dimension et apparentes de loin par l'éclat de leur couleur ocre, surgissent à côté des anciennes maisons du village. Elles représentent le fruit de ces départs nécessaires.

   Si cette émigration se retrouve dans tous les secteurs d'activité, elle est également à l'origine d'un flux particulier, les habitants du Sous ont investi le secteur du commerce. Ce commerce familial est un lieu d'apprentissage pour les autres membres de la famille qui travaillent comme aide avant de gérer leur propre affaire. Des liens constants sont maintenus avec le village, notamment par les visites régulières et l'envoi de l'argent pour le maintien de la famille. Quand on circule à l'intérieur de cette montagne, il n'est pas rare d'observer des constructions situées au sommet de pentes escarpées. Cette localisation surprenante est une réponse aux conditions de vie difficile dans l'Anti-Atlas. Dans un espace peu clément, dans lequel les aléas climatiques imposent des années difficiles, les communautés villageoises ont dû s'organiser pour sauvegarder leurs maigres ressources et se prémunir contre autrui. L'agadir, fruit de cette solidarité communautaire, est un grenier fortifié collectif. Juché au sommet le plus escarpé, il a été construit par l'ensemble de la tribu. Ce site défensif conjugue deux avantages : il est d'accès difficile et il permet de voir de loin les éventuels assaillants.

   Tout dans l'architecture de l'agadir est étudié pour rendre le plus difficile possible l'accès aux richesses qu'il protège.  L'aspect en est massif, les murs façonnés par la pierre peuvent atteindre un mètre d'épaisseur. En dehors de la porte d'accès, aucune autre ouverture n'est présente. L'ensemble est flanqué aux quatre coins par des tours    de garde et un chemin de guet circule sur la terrasse.

   L'Agadir obéit à une gestion rigoureuse dont les principes sont par des chartes dont certaines remontent au XVIème siècle et attestent ainsi de l'ancienneté de cette institution. Le respect de la charte est assuré par une assemblée, ou inflass, qui regroupe les membres les plus influents de la tribu et rend justice dans le cas de manquement à la discipline communautaire. Propriété commune, l'entretien de l'agadir est l'affaire de tous. La dissolution des liens de solidarité, entre autre, a eu raison de nombres de greniers collectifs qui tombent en ruine. Rares sont ceux qui sont encore en utilisation.

 

   Dans l'Anti-Atlas cette architecture défensive peut concerner la localisation de tout un village. Un des cas les plus typiques est représenté par le village de Tioulit. Sur la route de Tafraout par Ait Baha, à une quarantaine de kilomètres de cette dernière localité, apparaît le village de Tioulit. Il occupe une éminence d'une cinquantaine de mètres. De cette altitude le village domine l'ensemble du pays des Ida Ougnidef .

   La sévérité des conditions de vie en montagne n'a guère eu raison de l’ardeur au travail des habitants qui s'échinent pour tirer de la terre les ressources dont ils ont besoin. Cette agriculture incertaine demande pourtant un labeur sans fin. Il faut d'abord épierrer. Cette pierre servira à édifier les murets pour aménager les terrasses et maintenir la terre en place. Les taches de verdures qui parsèment les pentes au printemps et les fleurs d'amandier qui égayent les collines ocre en hiver sont les fruits de cette besogne harassante.

   Là où l'eau est présente, le miracle se réalise. Tous les fonds de vallées entretiennent à force de soin une verdure qui tranche sur l'austérité du cadre environnant. Il en est ainsi de la vallée des Ameuln. Coincée entre les parois de la montagne, cette véritable oasis a su maîtriser les sources qui jaillissent de la montagne pour perpétuer la vie. De minuscules parcelles portent maïs et cultures fourragères à l'ombre de toute une variété d'arbres fruitiers : palmiers, amandiers, figuiers et oliviers.

   L'ensemble de la vallée est ponctué par des villages plus ou moins importants. Plusieurs villages comportent des maisons qui ont été abandonnées et tombent en ruine. Mais des
maisons neuves montrent que la prospérité de cet endroit n'est pas prête de disparaître.

 

 

 
ASSOCIATION TOUFAOUT -Sidi Mzal ,Ait Abdellah Province de Taroudannt